C’est entre deux épreuves à l’Hubside Jumping de Grimaud que nous avons eu le plaisir de rencontrer Grégory Cottard. Un vrai passionné qui défend avec ferveur ses valeurs et ses idées en tant que cavalier, mais aussi le bien être de ses chevaux notamment dans la compétition à haut niveau.

Présent sur la piste avec deux nouvelles et jeunes montures ainsi que Bibici, il évoquera avec nous ses objectifs ainsi que ses ambitions pour la saison avec ses différents chevaux.

Pourriez-vous nous dire comment se passe votre week-end, étant donné que vous sortez du 2* et comment abordez-vous le Grand Prix de tout à l’heure avec Bibici?

Mon week-end se passe plutôt à 4 points donc c’est un peu pénible mais c’est aussi une reprise pour certains de mes chevaux. C’est aussi le retour de Bibici en extérieur après la coupe du monde à Leipzig où elle a fait un premier parcours sans faute jeudi puis deux fautes au barrage mais la jument est plutôt en forme. Pour le Grand Prix j’espère que ça va aller, la jument est toujours présente donc je ne suis pas trop inquiet. Maintenant, il peut toujours y avoir un 4 points.

Nous avons vu que vous aviez deux nouvelles montures avec vous dans les épreuves 2* , pourriez vous nous en parler?

Oui bien sûr. Vous avez pu voir Dream Love et que j’ai un peu lancé dans les épreuves 140 et qui fait 4 points tout à l’heure et puis j’ai également Carola, une nouvelle jument que j’ai récupéré et avec laquelle je concours pour la deuxième fois. Je ne devais pas la mettre dans le Grand Prix mais elle s’est bien comportée dans la 140 de la veille donc je me suis dit que je pouvais essayer. C’est vrai qu’il y a encore plein de réglages à faire mais ça m’a permis aussi d’avoir des informations pour la suite notamment pour les entraînements. Je suis hyper content, la jument se comporte bien même si le score est quand même lourd, c’est de bonne augure.

Nous voulions revenir aux épreuves de Leipzig, pour les finales, comment avez-vous vécu cette expérience, qu’est ce que vous en tirez ? Et comment les avez-vous préparées ?

Ça a été une très bonne expérience pour moi, je me sentais bien prêt et je crois que Bibici était vraiment prête aussi. En revanche, je subis un petit peu le contre coup. Je suis fatigué et j’ai du mal à me concentrer tout le temps, la pression est redescendue un petit peu il faut se remettre gentiment dans le concours. Pour la préparation, j’ai fait pas mal de concours indoor 2* en Belgique après j’ai été en Hollande et au Danemark jusqu’à 3* et le dernier concours que j’ai fait c’était le Saut Hermès où Bibici s’est vraiment bien comportée. C’était super, j’ai fais un petit 4 points dans le Grand Prix. On a eu ensuite un entraînement à Villers Vicomte chez les frères Lambert avec Henk Nooren et Grégory Bodo qui avaient monté un parcours pour nous donc c’était super.

Qu’avez-vous pensé de l’ambiance sur place ?

Le public est hyper chaleureux et les allemands sont très sportifs et ils adorent ça. En plus, ça faisait 2 ans qu’il n’y avait pas eu de concours donc c’était un peu le retour de la compétition. C’est un public de connaisseurs ils savent bien aussi que de temps en temps il y a des déboires, mais on est soutenus. Typiquement, il m’est arrivé une petite catastrophe à un moment et j’ai été applaudi quand même donc bon on peut dire que le public est très chaleureux.

Après toutes ces belles épreuves, quels sont vos prochains concours ? Quel est votre planning et quels sont vos objectifs?  Et pour vos plus jeunes chevaux, quelles seraient les prochaines étapes ?

Je pense que je vais garder Bibici, Cocaine et Carola pour pouvoir faire de beaux concours et les autres feront du National en attendant d’essayer de suivre le mouvement. Donc, a priori, Bibici va aller sauter dans le 4* de Bourg en Bresse et après il devrait y avoir Opglabbeek 4*. J’attends de savoir si je suis sélectionné ou pas et après il y aura la Coupe des Nations à Sopot (POL – 9 au 12 juin).

“ Bibici elle est hors norme et tout est facile pour elle « 

Grégory Cottard

Parlant de jeunes chevaux , est-ce que vous avez des jeunes chevaux prometteurs dans votre piquet ?

 J’ai trois très bons sept ans, un cinq ans et une six ans qui sont très bien aussi ! Je ne suis pas un acharné des jeunes chevaux. Les sept ans, je les sors maintenant parce qu’ils ont besoin de tourner. En revanche, les cinq et six ans ne sont pas encore sortis… il faut que je m’y mette (rires).

Nous voulions revenir un peu sur l’étape de Barcelone, qu’avez-vous tiré de cette expérience et justement est-ce que vous seriez prêt à recommencer; à reprendre les couleurs et la veste de l’équipe de France ?

Barcelone c’est le concours où j’ai sauté le plus gros, c’est très gros, c’est une super expérience pour Bibici et moi parce que ça nous a permis de savoir où on en était sur ces hauteurs là et on a su qu’on pouvait y aller. Refaire oui, après faut voir les objectifs et bien les préparer dans l’année comme là. Il y a La Baule la semaine prochaine, j’ai décidé de ne pas le faire car je trouvais que c’était encore trop lourd. Mais aller à La Baule devant tout le public français, parce que c’est vraiment un concours qui est important, je ne me sentais pas d’y aller sachant que la jument n’avait pas sauté sur herbe. Les critères n’étaient pas réunis pour s’y rendre.

Nous parlons beaucoup de Bibici, est-ce que vous pourriez nous raconter votre histoire avec elle et quels sont vos futurs objectifs avec cette jument? En tout cas , vu de l’extérieur, on a l’impression que vous avez une relation plutôt fusionnelle avec elle.

Bibici est une jument que Marie-Caroline Besins, sa propriétaire, a acheté à la fin de ses 7 ans. J’ai commencé à me mettre avec elle gentillement et fin d’année de ses 7 ans, elle a sauté une 1m45 sans faute en indoor. L’année d’après, elle a beaucoup sauté des GP3* sans faute: on n’a jamais gagné de Grand Prix 3* en revanche en fin d’année elle a sauté le 4* de Rouen 155 sans faute et l’année d’après on a commencé à sauter les 5*. Elle a commencé à se mettre un peu sur le coup et elle a sauté son premier Grand Prix ici à l’Hubside Jumping de Grimaud où elle fait un point de temps… enfin plutôt moi (rires) qui nous prive du barrage. Après ça, tout s’est enclenché et tout s’est mis en route. Bibici est hors norme et tout est facile pour elle; après c’est du pilotage qui faut mettre en place. On a une très bonne relation tous les deux, j’ai passé beaucoup de temps avec elle notamment lors des confinements du à la COVID-19, à travailler sur le plat et à acquérir de nouveaux petits trucs ensemble.

Nous avons parlé de Bibici, mais comment va Freezby de Wy? Pourriez vous nous parler de votre histoire et de vos objectifs avec elle?

Freezby a eu beaucoup de problème de santé très petite, elle a eu le Wry Nose (traduit Nez Tordu) et, de ce fait, elle a été opérée 4 fois. C’est la fille de ma jument Pepyt’ des Elfs avec qui j’ai remporté le titre de champion de France Pro Elite en 2013, donc c’est aussi une pouliche qui me tiens à cœur. Je l’ai emmenée à 4, 5 et 6 ans sur les terrains et elle a gagné pas mal à 6 ans. Pendant ses 7 ans, elle se cherche un petit peu, on est un petit peu entre deux parce qu’elle a énormément de caractère suite à toutes les manipulations qu’elle a eu donc de temps en temps je rencontre des difficultés. Cette année, l’année de ses 7 ans, je ne vais pas la pousser. Je vais vraiment attendre et voir comment elle réagit, voir comment elle a envie d’aller et être patient. Alors je compte beaucoup sur elle car elle a énormément de qualités, de respect dans la façon faire mais elle a aussi un gros caractère, donc la patience est le maître mot. Elle est d’ailleurs avec moi ce week-end: le premier jour elle a regardé le 1 du coup on n’a pas très bien sauté, on est sorti avec 8 points, et avant hier je fais 4 points dans la 135. C’était pour tester un peu le terrain, un grand concours comme ça avec une grande piste, un écran géant, ça leur fait du bien.

Et comment l’équitation est rentrée dans votre vie?

J’ai commencé l’équitation tout petit, sur les shetlands dans un poney club une fois par semaine, comme beaucoup au final. Et puis j’ai adoré, j’ai trouvé un club proche de chez moi, à seulement 3/4 km donc j’y allais régulièrement surtout le soir après l’école et puis je rendais des services donc en échange on me faisait monter et puis ça s’est fait comme ça. Un vrai passionné. Je suis ensuite passé au poney et au cheval. Je continuais toujours de payer ma leçon une fois par semaine mais de temps en temps ça m’arrivais de monter deux ou trois fois de plus car j’aidais en mettant un coup de fourche, de balais, tout ça. Je pense que lorsqu’on n’est pas du milieu, qu’on n’a pas trop d’argent, on se débrouille et si on est sympa, qu’on a envie, qu’on aide on nous le rend souvent bien.

Et être cavalier professionnel, vous l’avez toujours voulu? Êtes-vous heureux ?

Non parce que j’ai toujours voulu travailler dans les chevaux en revanche je m’orientais plutôt vers le métier de maréchal-ferrant, puis coach mais je ne me suis jamais vu cavalier. Je n’avais pas les moyens, puis j’ai rencontré du monde et de fil en aiguille, je suis devenu cavalier mais je ne pensais pas du tout le devenir. Je suis en effet très heureux, pour moi c’était inaccessible.

Et qu’est ce que vous conseillerez du coup à un jeune cavalier qui voudrait par exemple suivre cette voie et devenir cavalier professionnel ?

Je crois qu’il ne faut pas regarder ses heures, il faut être curieux, s’investir. Moi, j’étais dévoué à 2000% et on ne me donnait pas d’argent mais par contre j’étais hyper investi, donc je dirais que c’est ça le plus important aujourd’hui. Les jeunes sont plus à attendre quelque chose en retour. Je fonctionnais pas du tout comme ça et ne fonctionne pas comme ça non plus. Je crois qu’il faut être motivé, le faire voir et puis les portes s’ouvreront quand les gens voient que vous êtes à fond. Pour ma part, quand je vois des jeunes qui sont motivés, je les accompagne s’ils ont besoin.

Ce n’est pas trop compliqué d’arriver à gérer et faire la différence entre passion et carrière ?

Honnêtement c’est difficile. Ce qui est difficile c’est de jongler entre la passion et le sport, de ne pas trop aller dans la passion, comme ne pas aller trop dans la carrière parce que sinon, on fait moins de résultats et si on est trop fixé sport, on est moins connecté avec les chevaux. Il faut donc trouver le juste équilibre entre les deux.

Pour vous, du moins en tant que cavalier, quel est votre plus grand rêve?

Participer aux championnats d’Europe et de faire un podium, ça c’est un de mes plus grands rêves. Je suis déjà au dessus de ce que j’espérais donc c’est que du bonus maintenant.

Quelles sont vos plus belles histoires? Votre plus beau souvenir ?

Mon plus beau souvenir, c’est l’année dernière la deuxième place à Valence avec Bibici dans le 5*: ça c’est un très beau souvenir, mais en fait j’en ai plein. J’ai été champion de France, la Coupe des Nations à Barcelone, mon premier Grand Prix que j’ai gagné avec pépite en 2011, tout ça, ce sont de très bons souvenirs pour moi.


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