JEM Aix-la-Chapelle : Julien Epaillard et l’Allemagne s’installent en tête sans trembler

Bis repetita. Il y a eu comme un air de déjà vu d’Herning hier dans la Chasse des Jeux équestres mondiaux d’Aix-la-Chapelle, même si l’immense terrain mouillé de la Soers était bien loin de la piste en sable ensoleillée du Sttuteri Ask stadium. Mais le personnage principal était le même : Julien Epaillard, poing serré et sourire aux lèvres, après avoir délivré une nouvelle performance de main de maître pour prendre les commandes de l’épreuve.

Il y a quatre ans, sa partenaire se nommait Caracole de la Roque, la géniale fille de Zandor Z depuis sacrée vice-championne olympique avec Karl Cook. Pour affronter l’échéance allemande, le Normand a misé sur Fringan de Vesquerie, qui prend en confiance et en vitesse au fil des parcours. C’est sans contestation que le Français et son fils de Mylord Carthago ont pris la tête des opérations, seuls à être passés sans encombre sous la barre des 70 secondes ; à noter que Khaled Almobty est le seul autre cavalier à avoir réussi cette prouesse, mais non sans laisser une barre à terre aux rênes de Diana du Plevau Z, ce qui a rajouté quatre points à leur chronomètre.

Un top dix individuel garni de favoris

Surtout, la prestation du couple français est notable en ce que les conditions se sont dégradées au fur et à mesure du passage des concurrents. En fin d’après-midi, la pluie n’a pas épargnée le terrain redevenu bien vert de la Soers, ce qui n’a pourtant pas empêché les cadors de tenir leur rang en dépit de glissades ou de déferrages en cours de route. Les différences de niveau étaient notables entre les 145 partants et le parcours, avec ses doubles notamment – verticaux sur bidet ou oxer vertical séparé d’une foulée – a réussi sa mission de séparation du bon grain de l’ivraie. Plus surprenant, cela a aussi entraîné l’élimination de Marlon Modolo Zanotelli, qui n’a pas sauté le mur entre les fanions avec Dorette et ajouté au marasme de l’équipe brésilienne après la démission avec perte et fracas de Yuri Mansur, d’Erynn Ballard qui a chu de Fave d’Authuit après un mauvais saut ou de Takashi Haase Shibayama (Karamell M&M) et Eiken Sato (Chadellano JRA), plaçant l’équipe japonaise dans une position très délicate…

Mais, en dépit de la pluie, les favoris ont illuminé le stade aixois et des tribunes pas encore pleines à craquer mais déjà bien bruyantes. Ainsi, Harrie Smolders s’est faufilé entre les gouttes avec le protégé de la famille Megret, Mr Tac, pour s’emparer de la deuxième position. Jusqu’alors, la tête était détenue par Scott Brash et la généreuse Hello Mango qui montre de nouveau que, du haut de ses onze ans et de son inexpérience en grands championnats, elle a déjà tout d’une grande. Son compatriote Ben Maher, qui s’est élancé plus tôt dans l’épreuve, se glisse aussi au huitième rang final grâce à un aérien Point Break. À chronomètre égal, égalité de rang et donc de points pour Nicola Philippaerts et la réactive Katanga vh Dingeshof, en bonne position pour le classement individuel.

Pour le plus grand plaisir du public, deux de leurs représentants ont aussi fort bien réussi leur entrée en la matière dans la compétition, à savoir Sophie Hinners et Daniel Deusser : en selle sur Iron Dames*Singclair et Otello de Guldenboom, les deux représentants allemands prennent les quatrième et cinquième place. Pour « Double D » et son fils de Tobago Z, on retrouve même un scénario similaire à celui de Ben Maher et Nicola Philippaerts : égalité de chronomètre, et donc de place, avec Steve Guerdat, auteur d’un parcours d’exception avec sa championne d’Europe et vice-championne olympique Dynamix de Belheme. Le top 10 est complété par Mark Bluman, membre de l’équipe israélienne et huitième provisoire grâce à Landon de Nyze, et l’Émirati Omar Abdul Aziz Al Marzooqi, dixième après une prestation majuscule aux rênes du Selle français Enjoy de la Mûre.

Les écarts sont serrés entre les équipes

Dès 9h30, le bal avait été ouvert par Marcus Ehning et Coolio 42, auteurs sans trembler d’un parcours de maître comme seul le Centaure en a le secret. Cela, ajouté aux sans-fautes très rapides de Sophie Hinners et Daniel Deusser, permet logiquement à la Mannschaft de prendre la tête par équipes. Alors qu’ils étaient très attendus, à en juger par le silence qui s’est abattu sur les tribunes pendant leur parcours, Richard Vogel et United Touch S, vainqueurs du Grand Prix Rolex ici même en mai, ont délivré la moins bonne performance des cavaliers d’Otto Becker. Ayant renversé la barre du vertical numéro onze, placé avant un virage serré devant les tribunes, la paire a ajouté quatre secondes à un chronomètre qui leur aurait autrement valu la quinzième place. Pas de catastrophe pour les champions d’Europe en titre, qui sont encore bien dans le coup avec un score de 3,38 points, mais des interrogations peut-être après leur performance en demi-teinte à La Baule, même s’ils n’ont plus rien à prouver au vu de leur palmarès.

Avec leur 3,48 points, les locaux n’ont qu’un souffle d’avance sur la Belgique. Outre Nicola Philippaerts, Abdel Saïd (Wathnan*Quaker Brimbelles Z), Pieter Devos (Casual DV Z) et Thibeau Spits (Impress-K van’t Kattenheye Z) se sont tirés sans encombre du parcours, pour porter le total de leur équipe à 3,69 points. ; les deux derniers occupent par ailleurs les douzième et dix-septième rangs provisoires, tandis que leur compatriote se voit en trente-quatrième position. Eux aussi attendus parmi les favoris, les Etats-Unis occupent pour l’instant le troisième rang provisoire, avec 4,85 points. Laura Kraut et Lillie Keenan ont répondu présente aux rênes de Baloutinue et Fasther avec un sans-faute chacune, ce qui les place en onzième et quatorzième position. On a compté une barre à terre à McLain Ward, qui avait sellé High Star Hero et est relégué au trente-troisième rang, tandis que Katie Dinan ne s’est malheureusement pas montré sous son meilleur jour en concédant deux grosses fautes aux rênes de la vivace Out Of The Blue SCF.

Les Bleus encore dans le coup

Avec 4,85 et 4,98 points, la Grande-Bretagne et la France se tiennent dans un mouchoir de poche en embuscade derrière le podium. En plus de Ben Maher et Scott Brash, très favorablement classés, Di Lampard a envoyé en piste Harry Charles et Adrian Whiteway. Tous deux, en selle sur LT Holst Freda et Chacco Volo, sont sortis de piste avec une faute. Plus rapide que son compatriote, qui vit là ses premiers grands championnats et a pris le quatre-vingt-septième rang provisoire avec son étalon, le champion olympique par équipes en titre se classe quarante-quatrième.

Du côté des Bleus, la journée avait idéalement commencé avec le sans-faute offert par Nina Mallevaey et sa formidable Dynastie de Beaufour. Sans être les plus rapides, la Nordiste et sa crack ont fait ce qu’elles savaient faire, c’est-à-dire laisser les barres sur les taquets. Vingt-deuxièmes avec 1,93 point, elles devancent Olivier Perreau et GL Events*Dorai d’Aiguilly en quarante-unième position. Les médaillés de bronze de Paris n’avaient pas trainé en piste, avec un chronomètre qui aurait pu leur permettre d’égaler Laura Kraut et d’occuper ex-aequo le onzième rang ; hélas, l’oxer 10, duquel ils se sont retrouvés trop loin, leur a été fatal, la fille de Kannan ne pouvant le couvrir correctement.

La déconvenue est venue du côté d’Antoine Ermann et de son Floyd des Prés, qui ont essuyé un refus sur le double de bidets en milieu de parcours, ce qui n’est pas non plus sans rappeler une même mésaventure à La Baule ; le cavalier a toutefois voulu nuancer, expliquant ce refus par un mauvais tracé de sa part sur l’obstacle précédent qui a été sanctionné sur le double suivant. Ayant franchi le double lors de leur seconde tentative, en essuyant une faute lors de leur passage, le Mâconnais et son fils de Vigo Cece sont sortis de piste avec un chronomètre conséquent, qui leur octroie le score de 10,15 points et la cent-dix-huitième place provisoire.

Avant la première manche par équipes, qui se court ce jeudi pendant la journée, le top dix est complété par les Pays-Bas, l’Italie, l’Irlande, l’Israël et l’Arabie saoudite. Seront-ce les mêmes dix équipes qui prendront part à la finale vendredi soir, sous les projecteurs de la Soers qui sera sûrement remplie à craquer ? Rendez-vous en fin d’après-midi pour le savoir !

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