Comme Julia Roberts dans le film « Pretty Woman », Pretty Woman van’t Paradijs (BWP, Vigo d’Arsouilles x Bamako de Muze) a trouvé son Pygmalion en la personne de Willem Greve, qui a pris le temps pour la faire muer en une fabuleuse créature. Issue d’une ligne maternelle éprouvée, fille et petite-fille des cracks Mona Lisa et Jeunesse van’t Paradijs, l’alezane a confirmé tout le bien que pensait son cavalier d’elle en remportant le Grand Prix Coupe du monde de Stuttgart ce dimanche après-midi.

Grâce à elle, le Néerlandais est aussi devenu le premier représentant de sa nation à inscrire son nom sur le mur des vainqueurs après un barrage mené tambour battant. Mais pour faire partie des prétendants à la victoire, il fallait passer le cut d’une première manche au parcours savamment dosé par la cheffe de piste Christa Jung et son équipe. L’Allemande avait notamment mis sur pied trois combinaisons, deux doubles vertical-vertical et oxer-vertical, et un triple défendu par un vertical à palanque, un oxer et un vertical en sortie. Pour autant, si Piergiorgio Bucci (Hantano, KWPN, Quasimodo Z x Numero Uno), Carolina Rehoff Pederson (Golden Eye, Hann, Goldfever x Stakato Gold) ou encore Hans-Dieter Dreher (Elysium ex-Ziroquado T, Holst, Zirocco Blue VDL ex-Quamikase des Forêts x Coronado) s’y sont cassés les dents, les fautes ont été disséminés tout au long du parcours : l’oxer aux couleurs de l’événement a été fatal à Adrian Whiteway (Chacco Volo, OS, Chacco Blue x Carthago) et Bas Moerings (Ipsthar, KWPN, Denzel Vt Meulenhof x Farmer), Jos Verlooy (Parise van den Dael, BWP, Zazu ex I’m Moerhoeve’s Star x For Passion d’Ive Z) et Jason Smith (Picobello van’t Roosakker, BWP, Kassander van’t Roosakker x Canabis Z) ont laissé à terre un oxer vert placé en numéro 10, tandis qu’un refus sur le mur de Chacco’s Lando OL (OS, Chacco Blue x Lando) a poussé Niels Bruyneels à l’abandon.
Les difficultés dressés auront en tout cas particulièrement fait mal aux locaux. Pour la première fois depuis l’arrivée du circuit Coupe du monde dans la capitale du Bade-Würtemberg en 2005, aucun des dix Allemands engagés n’a en effet réussi à trouver les clés du sans-faute. C’est Untouched LB (Westph, United Touch S x Windows vh Costersveld, alias Cornet Obolensky), piloté par Christian Ahlmann, qui a réalisé la meilleure performance en n’accusant que deux points de temps et en terminant neuvième. Passé juste avant et tenant du titre, son père United Touch S (Westph, Untouched x Lux Z) semblait promis au barrage avec Richard Vogel avant qu’une faute sur le dernier oxer ne l’en prive, laissant échapper un cri de frustration dans les tribunes combles de la Hanns-Martin-Schleyer-Arena. La plus grosse désillusion a sans doute été vécue par Christian Kukuk, qui avait sellé Cepano Baloubet (DSP, Chaman x Stakkato’s Highlight) : si le champion olympique voulait sans doute redorer son image, après une vidéo polémique le montrant à Vérone en train de détendre Just Be Gentle en hyperflexion, une grosse faute sur le vertical numéro 2 l’a poussé à l’abandon.

Ils ont finalement été sept à trouver les clés du sans-faute, Alain Jufer (Dante MM, OS, Diarado x Luxius) et Denis Lynch (Chicago, ex-Cascorrado, Holst, Cascadello x Corrado I) ne pouvant rejoindre ce contingent à cause de temps dépassé. Ouvreur du barrage avec le prometteur L&L Lorde (ex Lorde do Bellmonte, PSH, Clyde LVB Z x Elan de la Cour), Martin Fuchs n’a laissé aucune barre à terre mais n’a pas poussé son jeune hongre à prendre tous les risques, et a donc coupé les cellules avec un chronomètre battable.
Ce fut chose faite dès le passage du cavalier suivant, Rodrigo Giesteira Almeida. Déjà vainqueur d’une épreuve de vitesse plus tôt dans le week-end aux rênes de Solidat, le Portugais avait cette fois-ci misé sur Karonia L. (KWPN, Harley ex-Ursel x Ramiro Z), 10 ans aussi et victorieuse de la Chasse des Européens de La Corogne, ainsi que du petit Grand Prix du CSI5*-W de Mechelen l’an passé. Les deux savent donc aller vite et l’ont prouvé en arrêtant la montre deux secondes plus rapide que le couple suisse.

Le chronomètre était donc si rapide que ni Max Kühner, ni Peder Fredricson, ni Yuri Mansur n’ont réussi à le rattraper. L’Autrichien et le Brésilien, juchés sur le revenant Blues d’Avelines (CH, Baloussinni x Coriall) et le vétéran QH Alfons Santo Antonio (ESH, Aromats x False Pass), ont même laissé des barres à terre sur le parcours raccourci, leur offrant les septième et sixième rangs. Celui qui s’en est approché le plus, avec deux centièmes de retard est donc le multimédaillé suédois, aux rênes d’un Alcapone des Carmille (SF, Diamant de Semilly x Heartbreaker) fort à son affaire du haut de ses 15 ans et qui s’empare de la troisième place.
Lui aussi sans-faute après un premier parcours maîtrisé de sa fidèle Visconti du Telman (SF, Toulon x Dollar du Mûrier), Kévin Staut, vainqueur de cette épreuve en 2014 avec Silvana*HDC et en 2023 avec Beau de Laubry Z, a réitéré le sans-faute mais sans prendre tous les risques : une bonne prestation qui leur octroie la quatrième place. Deux autres Tricolores étaient engagés dans l’épreuve, mais n’ont pas réussi à faire mieux que le champion olympique de Rio. Marc Dilasser et son bondissant Arioto du Gèvres (SF, Diamant de Semilly x Qualisco III) se sont fait piéger par un oxer bien carré placé en numéro 10 ; quant aux vainqueurs des Masters du vendredi soir et tenants du titre de la Coupe du monde, Julien Epaillard et Donatello d’Auge (SF, Jarnac x Hello Pierville), ils ont été battus par l’oxer d’entrée du dernier double.

Ainsi, au fur et à mesure que ses concurrents échouaient à faire mieux, le Portugais et sa fille d’Ursel voyaient la victoire de très près. Toutefois, ils ont finalement été boutés de la première place par les derniers entrés en piste, Willem Greve et Pretty Woman van’t Paradijs. Le Néerlandais et sa chère alezane, elle aussi âgée de 10 ans et elle aussi du voyage à La Corogne cet été, ont pris tous les risques pour s’envoler vers la victoire : on peut bien parler d’envol, notamment au vu de la foulée enlevée avant l’oxer placé en cinquième qui les a fait décoller sans commettre de faute ! Les barres ont chanté, mais le résultat était sans appel sur la ligne d’arrivée : cinq dixièmes d’avance, et la victoire au bout du compte. Ceci permet au Néerlandais de marquer ses premiers points au classement du circuit, dominé à l’heure actuelle par Yuri Mansur. Prochain rendez-vous à La Corogne, en Espagne, du 4 au 7 décembre !



