Un grand cavalier quitte les terrains de concours. C’est le cœur lourd que le champion Eric Lamaze a annoncé sur sa page Facebook l’arrêt de sa carrière sportive. Atteint d’une tumeur au cerveau, il avait déclaré en 2019 : “J’avais pris la décision de continuer à monter jusqu’au jour où ça n’irait plus.” Malheureusement, le jour de ranger ses bottes est arrivé.

“Je me suis toujours battu dur sans jamais croire que le cancer prendrait le dessus sur moi, mais nous voilà”

Malgré tout, un futur prometteur attend ce prodigieux cavalier, non loin des terrains de compétition qui plus est!

Eric Lamaze au Jumping de Valence. ©Anaïs Rouland – Info Jumping

Pas moins de trois Olympiades, dont une victoire individuelle lors de ses premiers JO à Hong Kong en 2008, une médaille de bronze en 2016 à Rio, sept participations aux Jeux Équestres Mondiaux, sept victoires lors des Coupes des Nations et plus de cent trente-trois victoires à l’international. Seul cavalier canadien à avoir décroché une médaille d’or aux Jeux Olympiques, il fait ses débuts à l’âge de 15 ans alors qu’il abandonne l’école. Ayant vécu une enfance compliquée, où il a été élevé par sa grand-mère, l’équitation sera son refuge. C’est en 1990 que le Canadien se montre pour la première fois en compétition et se fait vite repérer. Trois ans plus tard, il entre dans l’équipe canadienne et a su se hisser parmi les 10 meilleurs cavaliers au monde. Il connaît un grand succès de par son talent et son acharnement, ce qui l’amènera à garder pendant trois ans de suite son titre de numéro un au classement FEI.

Eric Lamaze et Hickstead. ©Erin Gilmore

Ses chevaux sont très importants et il partage sa réussite avec son incroyable Hickstead. Acheté en Belgique, il arrive sous sa selle en 2005 et leur binôme sera synonyme de victoires, symbiose et complicité. Il est, pour le Canadien, le cheval avec lequel il a eu la meilleure relation et cela se ressent sur les parcours: trois ans après leurs débuts, ils offrent une médaille d’argent à l’équipe canadienne tandis qu’ils remportent la médaille d’or en individuel. Le couple est vite rentré dans l’histoire. Malheureusement, en 2011, l’incroyable et puissant bai est victime d’une rupture de l’aorte en pleine coupe du monde de Vérone. C’est un événement qui aura marqué le monde équestre, ainsi, comme un hommage, une épreuve du Longines porte son nom et une statue a été édifiée. C’est donc une grande perte pour Eric Lamaze dont il se remet difficilement: du décès de son cheval mais également de par les circonstances de sa disparition.

Un mois après ce triste évènement, le cavalier reprend la compétition aux Gucci Masters et finit notamment deuxième de la finale Rolex Top Ten avec Coriana Van Klapscheut. Il reforme peu à peu son piquet de chevaux pour revenir au plus haut niveau et retrouver un nouveau champion.

Désormais, le multi médaillé va pouvoir se consacrer à son nouveau rôle : entraîner l’équipe canadienne et les emmener au plus haut niveau du saut d’obstacles. Il continue également à diriger son écurie de compétition Torrey Pines Stables tout en entraînant les athlètes de demain, tels que Beth Underhill et Nina Mallevaey. Même s’il ne concourra plus, il gardera une place importante dans le monde des sports équestres et continuera de se rendre sur d’importants rendez-vous pour entraîner les futurs champions.

“Aussi triste que je sois, je suis également reconnaissant que cela arrive à un moment où je suis en mesure de diriger l’équipe canadienne de saut d’obstacles vers de grandes choses. L’énergie et l’enthousiasme me donnent une nouvelle concentration et un moyen significatif de continuer à apporter toutes mes connaissances au sport que j’aime”

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