Le Mosellan Simon Delestre étoffe continuellement son piquet de chevaux, mais un en particulier ne laisse pas indifférent le monde du saut d’obstacles français et international. Vous avez déjà sûrement entendu son nom : sensationnel ces derniers mois, Cayman Jolly Jumper représente l’une des nouvelles stars du clan tricolore et il y a de quoi !

Cayman est un cheval vraiment spécial, il a un fort tempérament. En concours il a besoin de rester dans sa bulle le plus possible. Il est d’une intelligence hors norme et il est hyper attachant.

Audrey Morandat, groom de Cayman

Né au Haras Jolly Jumper en 2012, il est issu d’un croisement bien particulier. En effet, ce bondissant bai n’est autre que le fils d’Hickstead, le sauteur de fanions d’Eric Lamaze. Il est aussi petit-fils de l’iconique Quaprice Boismargot Quincy, le crack du normand Julien Epaillard et l’arrière petit-fils de Kannan*GFE.

« J’ai toujours cru en ce poulain sensible et débordant d’énergie. Hickstead m’avait séduit pour son mental et Cayman en détient une bonne dose. Mais toute la qualité de Cayman repose aussi sur sa mère, Riva de Pleville, qui lègue à chacun de ses produits une qualité de saut fabuleuse. Vendu dans son année de six ans, je suis très fière de le voir aujourd’hui en Coupe des Nations et sur de très belles pistes en CSIO 5*. »

Nathalie Chevalier, naisseuse de Cayman Jolly Jumper
Alexa Ferrer et Cayman Jolly Jumper dans l’épreuve des 7 ans à Deauville en 2019

La carrière de Cayman démarre sous la selle de Paco Mamadou Diouf. À l’âge de cinq ans, il réalise une dizaine de sans faute dans les épreuves qui lui sont réservées. Il sera vendu dans son année de six ans et continuera sa formation auprès de Mathieu Bourdon et Alexa Ferrer, avec qui il aura beaucoup de succès dans les épreuves jeunes chevaux. C’est finalement sous la selle de Duarte Romao que le bondissant Cayman va se révéler sur la scène internationale. Durant ses années de sept et huit ans, il participera à moins d’une vingtaine d’épreuves jusqu’à 1m40 et sortira toujours sans faute.

Je l’ai rencontré une première fois à ses quatre ans lorsqu’il était encore étalon mais je ne l’ai pas gardé car il avait une forte personnalité et le garder aux écuries s’avérait dangereux. Nous nous sommes à nouveau rencontrés à ses sept ans lorsque je me suis mis à travailler avec Grégoire Oberson qui l’avait acheté l’année d’avant. Il n’était plus étalon mais il restait très délicat à monter et à s’occuper au quotidien. Lorsque j’ai sauté avec lui pour la première fois, honnêtement, j’ai su que c’était le meilleur cheval que j’ai jamais monté.

Duarte Romao, ancien cavalier de Cayman Jolly Jumper

Après un bref passage chez Steve Guerdat, il retournera dans les écuries du portugais pour continuer sa carrière. À l’âge de 9 ans seulement, il s’adjuge le Grand Prix 3* du CSIO de Kronenberg ainsi qu’une neuvième place dans le Grand Prix 3* de Knokke. Sans faute à Deauville, à Lier ou encore à Bourg-en-Bresse, le Selle Français attire la convoitise et se pré-destine à une carrière brillante.

Il est incroyablement prudent et brave en même temps, avec une foulée immense pour un cheval si petit. C’est aussi l’un des chevaux les plus intelligents que j’ai jamais vu, c’est aussi une des raisons pour laquelle il doit être traité de manière spéciale. Il est déjà l’un des meilleurs chevaux du monde à seulement dix ans, je suis vraiment heureux de tout ce qu’il a accompli.

Duarte Romao, ancien cavalier de Cayman Jolly Jumper
Duarte Romao et Cayman Jolly Jumper lors de leur victoire à Kronenberg – Droits réservés

Désormais aux rênes de Simon Delestre, Cayman Jolly Jumper profite de toute l’expérience du numéro 3 français. Leur premier concours au CSI de Valence en manège se solde par deux sans faute sur des hauteurs déjà conséquentes (145/150) avec à la clé une troisième place. S’en suit la victoire du couple dans une épreuve à barrage en Espagne qui va marquer un tournant dans la carrière de ce bondissant bai. Bois-Le-Duc, le Saut Hermès, La Baule, tant de destinations qui mettent en lumière tout le talent et l’intelligence de Cayman : cinquième du Prix du Saut Hermès, deuxième à Grimaud, sans faute dans la deuxième manche de la Coupe des Nations de la Baule et septième du Grand Prix, victorieux de la Coupe des Nations de Rome et une sélection pour le CSIO de Rotterdam où il réalise un double sans faute dans l’épreuve par équipe.

 Cayman a signé cinq sans-faute sur six parcours en Coupes des nations. C’est un cheval un peu différent des autres, qui fonctionne sur une énergie incroyable. Je pense qu’il progresse un peu plus à chaque épreuve, pas forcément en piste où il est assez au point, mais plutôt au paddock. Il a tendance à y être très délicat, donc j’essaie de trouver des parades pour ne pas qu’il chauffe trop. Il montre toujours une énergie folle, qui le caractérise.

Simon Delestre pour Grand Prix Info
Simon Delestre et Cayman lors de la Coupe des Nations de La Baule 2022. ©Morgane Jacob – Info Jumping

Bien que désormais hongre, Cayman a néanmoins une fille : Hennessy Jolly Jumper (par Eurocommerce Berlin) née en 2017. A côté de cela, sa mère Riva de Pleville continue sa vie de poulinière et donne naissance à deux autres petites juments qui semblent elles aussi prometteuses.

Cayman a deux sœurs : Evora Jolly Jumper né en 2014 – devenue Evora BJX – double sans faute à Fontainebleau et première ex-aequo avant la finale des cinq ans mais n’ayant pas participé car vendue (Désormais sous la selle de Matthew Sampson, avec qui elle réalise de belles performances à Calgary sur 130 avec deux victoires et une deuxième place, ndlr) et Huayra Jolly Jumper.

Nathalie Chevalier, naisseuse de Cayman Jolly Jumper

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