Un Grand Prix d’Aix’ception

Il est des lieux mythiques dans la carrière d‘un sportif. Gagner son ticket de participation est déjà une victoire, mais y inscrire son nom au tableau d’honneur est probablement la consécration ultime, le rêve de gosse qui se réalise.

Il y a Roland Garros, le Vendée Globe, et pour les cavaliers il y a Aix-la-Chapelle (Aachen). Bien connue des historiens pour avoir été la capitale de Charlemagne, c’est aujourd’hui la capitale européenne des sports équestres.

Chaque année, les meilleurs cavaliers de 30 nations, représentant 5 grandes disciplines équestres (CSO, dressage, complet, voltige, attelage) viennent se mesurer les uns aux autres pour tenter de remporter le titre d’Empereur de sa catégorie. Un nom gravé sur une plaque pour l’éternité, un nom qu’on retiendra à jamais comme étant de ceux qui ont compté, en quelque sorte, le Hollywood Walk of Fame du milieu.

La piste principale d’Aix La Chapelle © CHIO Aachen/Andreas Steindl

Avoir gagné Aix-la-Chapelle, c’est l’intronisation, l’admission dans l’Olympe des cavaliers. Hans G. Winkler, cavalier allemand qui a dominé le monde du CSO dans les années 60, 70 et qui a probablement, aujourd’hui encore, l’un des palmarès les plus édifiants a déclaré : « Il faut gagner Aix-la-Chapelle pour prétendre être quelqu’un dans ce sport ». Quintuple médaillé d’or olympique et triple médaillé à Aachen, dont un titre de champion du monde – excusez du peu – cette petite phrase dans la bouche d’un tel cavalier vous mettrait presque la pression !

Qu’en est-il pour le CSO ?

Réputé comme étant l’un des rendez-vous les plus techniques et surtout l’un des plus convoités, les cavaliers de CSO se pressent dans ce stade à l’ambiance Aix’ceptionnelle qui déstabiliserait même les plus aguerris. Il faut dire qu’avec une arène de 50 000 places attirant aussi bien les mordus que les simples amateurs de spectacle et d’adrénaline, l’ambiance est digne des meilleurs matchs de la saison. Au bas mot, c’est 350 000 spectateurs qui sont attendus pour les 10 jours que comptent l’évènement. Le site se visite même comme un véritable musée, faisant la fierté des habitants et de la Chancelière allemande. La légende est en marche…la pression aussi.

Mais ce n’est pas parce que 2017 est une année sans enjeux olympiques que le challenge n’a pas la même saveur. Car avant les grandes échéances, Aachen est l’ultime répétition, l’épreuve des derniers réglages. À la veille des Championnats d’Europe qui se tiendront du 22 au 27 août à Göteborg, elle n’en reste pas moins le saint Graal à décrocher.

Marcel Rozier est le dernier français à avoir gagné le GP d’Aachen © Marine Villalta – Info Jumping

Et nos cavaliers français dans tout ça ?

Marcel Rozier en 1971 fut notre dernier Charlemagne du CSO et depuis, le sceptre semble échapper à la Team France, la laissant sur les autres marches du podium (ce qui n’est déjà pas si mal). On se souvient encore de la formidable deuxième place de Kévin Staut et Silvana de Hus en 2011 ou celle de notre Bosty national et Idéal de la Loge en 2007 sans oublier que Patrice Delaveau a arboré le bronze avec Orient Express*HDC en 2013.

Espérons, que cette année, l’olifant ne sonnera pas pour les cavaliers français, leur permettant enfin de se glisser sur le trône et d’inscrire à nouveau un nom français sur les plaques mythiques d’Aix la Chapelle.