Sur la route de Rotterdam

Dans moins de deux semaines, le top départ sera donné pour les championnats d’Europe de Rotterdam, aux Pays-bas. Il y a quelques jours, les sélections françaises sont tombées et nous connaissons enfin les couples qui défendront le drapeau tricolore. Et les pronostics sont très bons pour nos français qui vont faire tout leur possible afin d’obtenir l’un des trois précieux tickets pour les Jeux de Tokyo l’été prochain. 

Après un week-end fructueux pour nos quatre sélectionnés français, une conférence leur a été dédiée pendant le jumping de Dinard le week-end passé. Thierry Pomel s’est ainsi exprimé sur son choix. En effet, le sélectionneur de l’équipe de France a opté pour « privilégier les cavaliers d’expérience ».

« Les podiums et médailles sont pour les cavaliers et propriétaires, la qualification quant à elle, c’est pour la fédération et le monde équestre français. J’ai choisi des cavaliers d’expérience parce qu’ils savent ce que l’enjeu représente et savent gérer toute la pression et plus ils auront de pression mieux ils seront. J’ai plus que confiance en eux ! »

Tous les couples sélectionnés pour cette échéance étaient présents sur le grand terrain breton, sauf Roger-Yves Bost qui s’est rendu à Londres afin de pouvoir courir sur sable dans le but de préserver au mieux Sangria du Coty, jument avec laquelle il fera équipe. Après de très bons résultats pour nos bleus, les cavaliers se sont confiés sur leur ressenti pour Rotterdam.

Cavelo 2 sous la selle de Kevin Staut à Dinard. Info Jumping – © Maëva Defonte

Kevin Staut fera équipe avec Cavelo 2, un hongre de dix ans, présent dans ses écuries depuis février seulement.

« Il est jeune, c’est celui qui aura le moins d’expérience lors de ces championnats d’Europe. Cependant il est très studieux. Si on lui demande correctement, il répond favorablement. Il a énormément de potentiel et il est très puissant. J’ai commencé avec lui à Royan, en avril, sur des épreuves en 135-140cm et là c’est chouette, il a une belle progression. C’était inespéré il y a quelques mois. En tout cas, ce n’était pas dans le plan et là, on est surpris en bien. »

Nicolas Delmotte aux commandes de Urvoso du Roch. Info Jumping – © Maëva Defonte

Nicolas Delmotte sera, lui, en selle sur & Urvoso du Roch. Son cheval de tête, Ilex VP, blessé depuis le début de l’année, c’est Urvoso qui a pris la relève.

« Je l’ai depuis trois ans. Aujourd’hui, il ne fait que progresser, c’est un cheval qui a énormément de sang-froid. On a pu le tester à Saint-Gall, il très respectueux, très volontaire et je lui fais confiance. C’est un cheval atypique avec sa technique de saut et maintenant il ne fait qu’évoluer. »

L’amazone tricolore Pénélope Leprevost et Vancouver de Lanlore. Info Jumping – © Maëva Defonte

Pénélope Leprevost sera accompagnée par son étalon de dix ans également, Vancouver de Lanlore, avec lequel elle évolue depuis un an et demi maintenant.

« Nous avons une équipe de chevaux plutôt jeunes. Vancouver est fiable et l’a prouvé cette année. Il a sauté facilement à Aix-la-Chapelle, ce qui prouve qu’il n’est pas impressionné. Le dosage des efforts sur un championnat nous appartient. Les chevaux doivent rester frais et dans le coup, entraînés mais pas fatigués. »

Vancouver prend du métier, il arrive vraiment à maturité. L’année dernière, je faisais un point de temps parce qu’il fallait que je prenne le temps de lui faire dégager ses postérieurs. Maintenant, il est génial ! »

Et le couple a encore une fois montré de quoi il était capable puisqu’il termine à quelques dixièmes de la première place du Grand Prix Rolex de Dinard. L’amazone sait qu’elle peut compter sur son bai, chose qu’elle a fait pendant le Grand Prix.

« Quand je rate des trucs, il est toujours là pour les rattraper. Par exemple, dans le Grand Prix, j’ai fait deux foulées de moins après la rivière. Carrément ! J’avais peur de ne pas être dans le temps alors qu’on est rentré avec cinq secondes d’avance. En fait, le terrain est tellement difficile avec les dénivelés que le chef de piste n’a pas besoin de mettre très haut. Alors les obstacles n’étaient pas énormes et heureusement. Ce classement me donne beaucoup de confiance en vue des championnats. Je crois que c’est difficile de passer du sable à l’herbe, mais l’inverse ne pose jamais de problème. Le seul inconvénient qu’il peut y avoir, ce sont la taille des terrains. Les pistes sur sable sont systématiquement plus petites. »

Alexis Deroubaix en selle sur Timon d’Aure. Info Jumping – © Maëva Defonte

C’est finalement Alexis Deroubaix et son incroyable Timon d’Aure, couple vainqueur du Grand Prix Rolex de Dinard, qui seront les derniers à faire partie de l’aventure.

« Timon et moi nous connaissons par coeur, je le monte depuis qu’il a huit ans ! Il en a douze désormais. Nous avons pris de l’expérience aux derniers Jeux équestres mondiaux en 2018 et, cette année, nous avons choisi les concours dans l’objectif des championnats d’Europe. Il a montré l’année dernière qu’il avait une grande capacité à soutenir les efforts et une grande résistance physique. 

Nous avons organisé notre saison de façon à monter en puissance. Alors nous avons fait quelques petits quatre points, mais Timon sautait systématiquement très bien. Cette sorte de manque de chance est ce que l’on appelle le sport et peut-être un manque de pression positive de ma part. D’ailleurs, c’est ce que je vais travailler pendant ces deux dernières semaines: la gestion de la pression que je me mets avant d’entrer en piste ! Je suis souvent trop relax (rires)! »