« Quand Twentytwo s’élançait en piste, c’était difficile de rester dans son fauteuil ! » Reynald Angot

A l’occasion du CSI 4* de Bourg-en-Bresse, nous sommes partis à la rencontre d’un des nombreux membres de la famille Angot : Reynald Angot. Cavalier international de CSO depuis de nombreuses années, Reynald est aussi propriétaire du Haras des Biches. D’ailleurs, une certaine Twentytwo y a vu le jour avant de réaliser l’exploit lors de la finale coupe du monde d’Omaha en avril dernier …

Reynald Angot et Vintadge de la Roque à Bourg-en-Bresse. © Marion Gergely – Info Jumping

Avec quels chevaux êtes-vous venu ici ?

J’ai amené trois chevaux, Vintadge de la Roque, un cheval de huit ans qui n’a pas beaucoup d’expérience et que je monte que depuis deux mois et demi. Je suis content, car nous nous sommes rapidement trouvés. Je concours également avec Dulhan de la Roque qui a neuf ans. Il manque d’expérience à ce niveau-là. Dans la nocturne de vendredi (vitesse à 1.45m, ndlr) il n’a pas vraiment trouvé ses marques. Il sautera l’épreuve des six barres du samedi. Ma jument de tête, Symphonie des Biches, est le troisième cheval présent ici à Bourg-en-Bresse. Elle a plutôt bien sauté dans la première grosse épreuve (1.50m avec barrage, ndlr) mais nous ne sommes pas arrivés à nous qualifier pour le Grand Prix. J’espère pouvoir l’être à l’issue de la deuxième épreuve qualificative.

Et le reste de votre piquet ?

Avec notre activité d’élevage, j’ai trente chevaux au travail et quarante chevaux dans les prés, sans compter les autres chevaux de propriétaires. J’ai donc beaucoup de jeunes chevaux qui arrivent derrière.

Comment fonctionne votre système aux écuries ?

Les semaines sont bien remplies ! Je sors les jeunes chevaux du lundi au mercredi et le reste de la semaine est consacré aux chevaux d’âge. En fait, je suis en concours 7 jours sur 7 !

Quelles sont vos ambitions futures pour le reste de la saison ?

Je participerai au championnat de France avec Symphonie des Biches. Mes chevaux sont encore un peu verts alors le but principal est de leur faire prendre un maximum d’expérience possible. Ensuite, ce sont eux qui me dicteront la suite de la saison !

Pouvez-vous nous parler du Haras des Biches ?

Le Haras est vraiment associé à l’écurie. Avec ma femme, nous apportons beaucoup d’importance à cette activité, car les chevaux coûtent cher. On essaye de faire naître de futurs bons chevaux. C’est ma femme qui gère tout ce qui relève des croisements. Elle connaît bien ses juments et choisit des étalons renommés qui possèdent un certain cachet. Le but étant d’amener les produits de l’élevage au meilleur niveau pour pouvoir les vendre par la suite.

Romain Duguet et Twentytwo des Biches lors la finale coupe des nations à Barcelone. © Maria Roca – Info Jumping

En 2007 naissait Twentytwo des Biches, parlez nous de cette fabuleuse jument.

Nous avons récupéré la mère de Twentytwo qui avait déjà commencé sa carrière de poulinière dans un autre élevage. Ma femme avait choisi de mettre Mylord Carthago.

Lorsqu’elle est née et durant ses premières années, elle ne possédait pas un joli modèle. Cependant, à partir de trois ans, elle démontrait beaucoup d’aptitude en saut. Elle a ensuite suivi le circuit classique des jeunes chevaux avec des cavaliers de mon écurie dans les 4 et 5 ans. Je l’ai récupéré à 6 ans où elle se classe troisième dans les championnats des chevaux de son âge. Romain Duguet avait acheté 50 % des parts de la jument en début d’année de ses 5 ans.  A la fin de son année des 6 ans, il a acquis l’autre moitié et c’est à ce moment-là que Twentytwo est passée sous sa selle. 

Comment vit-on une finale coupe du monde lorsque un cheval de l’élevage se classe deuxième ?

Quand Twentytwo s’élançait en piste, c’était difficile de rester dans son fauteuil à regarder la télévision. Peut-être même plus difficile que si j’étais sur la jument et que de sauter moi-même ! Je savais qu’en la vendant à 6 ans c’était une très bonne jument, mais delà à ce qu’elle réalise cette performance, ce n’était pas possible de le prévoir. Elle avait énormément de qualités, une très bonne tête, mais après ce sont les chevaux qui parlent. Romain Duguet a vraiment bien monté, il a su l’emmener au plus haut niveau.

Propos recueillis par Raphaël Garbouj, au Jumping de Bourg-en-Bresse