Mylord Carthago, l’histoire d’une vie.

   Conçu par le célèbre belge Joris de Brabander, propriétaire de Fragance de Chalus, mère de l’étalon gris et bien d’autres bons chevaux comme Norton d’Eole ou Hugh Grant de Muze, Mylord Carthago vient au monde grâce à une mère porteuse, acquise par Paule et Jean-Louis Bourdy Dubois. Âgés de la cinquantaine, les deux se lancent dans le cheval et la reproduction équine avec l’aide de celui qu’ils appellent leur mentor, l’éleveur Daniel BoudrenghienCe dernier les conduit vers la génétique et la conception de chevaux de CSO. « Je ne disposais pas de la jument reproductrice répondant aux critères de qualité que je m’étais fixés. Par contre le vétérinaire belge Joris de Brabander vendait des embryons d’une très bonne jument, Fragance de Chalus. L’étalon Carthago Z semblait être un excellent complément pour cette jument. Ce vétérinaire avait réalisé deux embryons correspondant à ce croisement ; j’ai pu en acquérir un. C’est ainsi qu’est né un poulain que mon épouse et moi avons décidé d’appeler Mylord Carthago. » nous explique Jean-Louis. Comme toute monture aux bonnes origines, le mélange n’était pas sûr de fonctionner. Le naisseur nous avoue quand même avoir eu de la chance.

  C’est en fin de matinée du 26 juin 2000 que Mylord Carthago*HN naît donc, dans les prairies du Château de la Tour Vidal, à Saint-Myon, en Auvergne. « C’était un beau poulain, bien fait, avec une jolie tête et quelques poils autour des yeux qui laissaient à penser qu’il pourrait avoir plus tard une robe grise. Nous avons fait l’acquisition d’un autre mâle la même année afin qu’il puisse avoir un copain de jeux. Ces deux poulains ont grandi ensemble.» Entre douze et dix-huit mois, tous les poulains du couple auvergnat sont soumis à des tests de saut en liberté : trois séances dont chacune est séparée de la suivante par un délai de trois jours. Dés son plus âge, l’étalon est promu à un bel avenir en se démarquant de ses camarades grâce à des aptitudes flagrantes. « Il se déplaçait avec un très bon équilibre, possédait beaucoup de force et montrait une très bonne utilisation de son corps au-dessus de l’obstacle. Cela représentait des conditions nécessaires mais pas suffisantes pour en faire un champion, car la carrière sportive d’un cheval n’est pas un long fleuve tranquille. C’est même une sorte de parcours du combattant. »

"Son amusement chaque matin lorsqu’il quittait son box était de fausser compagnie à la personne qui le sortait. Cette dernière se méfiait mais il arrivait régulièrement, au moment où elle s’y attendait le moins, à donner un coup de tête et à se dégager." nous confie Louis Bourdy Dubois amusé. Copyright : Auriane Guiot / Info Jumping
« Son amusement chaque matin lorsqu’il quittait son box était de fausser compagnie à la personne qui le sortait. Cette dernière se méfiait mais il arrivait régulièrement, au moment où elle s’y attendait le moins, à donner un coup de tête et à se dégager. » nous confie Louis Bourdy Dubois amusé.
Copyright : Auriane Guiot / Info Jumping

 

   A trois ans et demi, le beau gris quitte les écuries des Bourdy Dubois. En effet, ses qualités vantées par tout un tas de connaisseurs intéressent un grand nombre de propriétaires, notamment les Haras Nationaux de France. C’est ainsi qu’à l’âge de trois ans, Emmanuel Vincent, formateur de jeunes chevaux et compétiteur PRO normand, rencontre les deux éleveurs à Fontainebleau lors d’un événement sportif. Les discussions aboutissent et le cavalier se voit confier le gris quelques mois après par les Haras, très enthousiaste. « Au bout d’une semaine même pas, je leur ai téléphoné, j’adorais le cheval et je l’ai gardé. Je le prenais normalement un mois à l’essai, comme je fais avec tous les jeunes, mais là, ça c’est décidé très vite. Le cheval était vraiment prometteur. » Ce dernier qualificatif lui va fort bien. En quelques mois, la jeune pousse ne signe pas moins de douze sans fautes en cycles classiques des quatre ans. Les succès continuent et Mylord gravit les échelons. Seize sans fautes dans les cinq ans, une dizaine dans les six ans, le selle-français se sort des difficultés avec une aisance folle, sans poser de problèmes à son pilote. « C’était un cheval relativement facile. Il n’a jamais posé de soucis. Même avec les autres chevaux il se comportait comme un hongre, pas du tout comme un étalon. » nous confiait Emmanuel Vincent. Saint-James est le dernier concours du gris avec ce dernier. Les Haras Nationaux, déjà propriétaires du cheval, veulent le faire participer aux sept ans élites, circuit créé en 2006, synonyme d’année de ses six ans. Pour le formateur, sillonner les terrains de cette tournée pour un seul cheval est hors de question, même si le couple est totalement au niveau. En entente avec les Haras Nationaux et une certaine Pénélope Leprevost, compétitrice à l’époque en CSI 2* et en PRO 1/2, Mylord Carthago quitte les écuries du normand et atterrit chez l’amazone. Et c’est ainsi que les portes du haut-niveau s’ouvrent… « J’adorais le cheval, mais dire à quatre ans qu’il allait faire cette carrière… Vous savez des fois avec les chevaux on est surpris, il n’y a qu’eux pour nous faire mentir ! »

Rendez-vous mercredi prochain pour la suite et dernière partie de l’histoire de Mylord Carthago*HN !

Mylord Carthago aux Gucci Paris Masters, lors de sa cérémonie. Copyright : Auriane Guiot / Info Jumping
Mylord Carthago aux Gucci Paris Masters, lors de sa cérémonie.
Copyright : Auriane Guiot / Info Jumping