« Mes chevaux sont en train de prouver ! » Edward Levy

A seulement 22 ans, ce jeune talent a déjà une histoire à en faire rêver plus d’un(e) !
Il découvre l’équitation à l’âge de 10 ans, décroche son BAC à 16 ans et passe quelques années auprès de deux grands Champions : Patrice Delaveau puis Ludger Beerbaum.
A 17 ans, il est sacré Champion de France des Jeunes Chevaux dans l’épreuve des 7 ans et aujourd’hui on le retrouve sur des CSI5*, comme le week-end dernier à Valence où il était le seul français au barrage…
…Rencontre avec Edward Levy !

Commençons par revenir sur ton incroyable performance dans le CSI5* de Valence, comment s’est passé ce week-end ?
J’ai été ravi de mes chevaux qui se sont très bien comportés durant ces 4 jours.
Je ne suis pas un habitué du niveau 5* mais j’ai la chance en ce moment d’avoir un très beau piquet, ce qui me permet d’être présent à ce niveau. Mes chevaux sont en train de me prouver qu’ils sont prêts pour le Haut Niveau !

Et ce fameux Grand Prix ?
C’était mon deuxième 5* puisqu’il y a un mois j’étais au CSI5* d’Ascona en Suisse. Lorsque j’ai fait la reconnaissance, je me suis rendu compte qu’il y avait une grosse différence par rapport aux CSI3 et 4*: l’épreuve était très technique surtout dans les contrats de foulées, les oxers étaient aussi très larges et la hauteur se ressentait dès le premier obstacle ainsi que sur les combinaisons.
Heureusement, j’ai beaucoup confiance en mon cheval, Sirius Black, qui est très talentueux et qui m’a déjà prouvé qu’il était capable de performer sur ce genre d’épreuve et de se sortir de situations délicates.

Edward Levy & Sirius Black – Sans faute en première manche du Grand Prix CSI5* de Valence – Copyright : Hortense Lancesseur – Info Jumping

Dans cette épreuve, tu étais un des plus jeunes cavaliers et surtout, le seul français à s’être qualifié pour le barrage, est-ce que tu t’en es rendu compte ?
Pas du tout ! Même à l’heure actuelle, je reste mitigé vis-à-vis de mon résultat car je suis sans faute en première manche mais au barrage mes 4 points me place en 10ème position du classement final.

Qu’est-ce qui a pu te manquer pour être dans les 5 premiers ?
En ayant une analyse assez froide, je pense que techniquement il nous reste beaucoup de progrès à faire. Sirius Black et moi avons besoin de plus d’expérience et de maturité.
Au barrage, je pense que je n’ai pas pris assez mes responsabilités car j’ai manqué de rythme dès le premier obstacle. Mais je suis très optimiste, et persuadé qu’avec le métier, tout cela se mettra en place !

Qu’as-tu d’ailleurs pensé de ce CSI5* ?
C’est un concours incroyable avec une très belle organisation et une ambiance particulière. Il y avait aussi un impressionnant panel de cavaliers internationaux, ce qui m’a rendu d’autant plus heureux d’avoir pu être sans faute dans le Grand Prix. Même si avec les chevaux : rien n’est gagné, rien n’est acquis.

En parlant de Sirius Black, peux-tu nous en dire un peu plus sur lui ?
C’est une belle histoire car il appartenait à Sophie & Bruno Coutureau, chez qui j’ai passé ma jeunesse et qui m’ont coaché pendant quelques années.
Et un jour, sur le Grand National de Deauville, j’ai vu Sirius sauter et j’en suis tombé amoureux ! C’est grâce à mes propriétaires qui me soutiennent au quotidien : ShowJump ainsi qu’à Bruno & Sophie qui me font confiance, que j’ai pu accueillir Sirius Black en Novembre 2016 dans mes écuries.

Edward Levy & Sirius Black avec sa groom. Copyright : Marie Oriol -Info Jumping.

Penses-tu le garder encore longtemps ?
Je l’espère en tous les cas ! Pour l’instant, mes propriétaires savourent de nous voir évoluer dans de si belles épreuves et surtout, d’être performants !

Peux-tu nous parler de tes autres chevaux ?
Cette saison j’ai la chance d’avoir dans mon piquet des chevaux mûrs et compétitifs avec :
–  Starlette de la Roque, une jument de 11 ans que j’ai découvert à 6 ans et avec laquelle j’ai été Champion de France des 7 ans à Fontainebleau. Ensemble, nous tournons sur de belles épreuves à 1m50
–  Rafale D’Hyverniere, une jument de 12 ans qui appartient à Ludovic Pignon et que j’ai depuis peu mais avec laquelle je me suis déjà classé sur des Grands Prix 1m45/1m50
–  Umbrella Ter Wilgen Z qui appartient à Brianne Goutal et avec qui je commence les épreuve à 1m50, c’est une jument avec beaucoup de moyens mais qui doit encore travailler sa technique
–  Lagavulin, un étalon avec peu d’expérience de 8 ans mais en qui j’ai beaucoup d’espoir
–  Venezia d’Elke, une jument de 8 ans avec qui je commence les épreuves à 1m40 qui appartient à ShowJump et Bruno & Sophie Coutureau

Edward Levy & Umbrella Ter Wilgen Z – Bourg en Bresse 2017 – Copyright : Marion Gergely -Info Jumping

Parlons de toi, d’où t’es venue cette passion ?
Par hasard ! J’avais 10 ans, j’habitais Paris avec mes parents et un jour à Deauville, j’ai voulu faire une balade à cheval. Et finalement, je ne suis jamais descendu !
Puis, je suis monté plus régulièrement et commencé les compétitions à l’âge de 12 ans.
Lorsque j’ai eu mes 16 ans, le Bac en poche, j’ai fait la rencontre de Patrice Delaveau, et j’ai décidé de partir travailler à ses côtés plutôt que de faire une école de commerce, à laquelle je me destinais.

Tes parents sont-ils du milieu ?
Pas du tout ! Mais ils m’ont toujours soutenu dans mes choix, notamment celui de ne pas continuer les études et de me consacrer à ma passion : l’équitation ! J’ai de la chance d’avoir eu énormément de soutien de la part de mes proches.

Tu as toujours été bien entouré : Patrice Delaveau, Ludger Beerbaum, qu’as-tu appris de ces Champions ?
Avec Patrice Delaveau, j’ai appris l’esprit de compétition. C’est lui qui m’a donné l’envie de gagner sur chaque épreuve. Il m’a aussi énormément apporté techniquement. Je suis conscient que j’ai eu beaucoup de chance d’apprendre à ses côtés. Sabrine et Patrice, c’est ma deuxième famille !
Puis, après 3 ans passés chez eux, je suis allé chez Ludger Beerbaum pendant une année. Au bout de quelques semaines, lorsqu’il a vu que j’avais soif d’apprendre, il me faisait travailler et me confiait des chevaux à monter. C’était une expérience formidable !

Et maintenant, avec qui t’entraines-tu au quotidien ?
Avec Bertrand de Bellabre qui a notamment été entraineur de l’équipe de France Junior. Il m’apporte un état d’esprit et une rigueur qui me sont nécessaires sur les compétitions.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Mon objectif principal est de de continuer à aligner les sans faute, afin d’être le plus régulier possible et bien sûr d’évoluer. Si j’y parviens je sais que Philippe Guerdat, qui est toujours prêt à mettre des jeunes cavaliers sur des beaux concours, y sera sensible !

Quelle est ta plus belle victoire ?
Ma médaille de Champion de France Jeunes Chevaux, alors que je n’avais que 17 ans avec Starlette de la Roque !
Histoire peu croyable puisque nous l’avions trouvée dans une écurie lambda à 6 ans, elle n’était destinée qu’au loisir, mais j’avais déjà décelé en elle un fort potentiel.
Donc lorsque nous avons gagné les 7 ans, j’ai ressenti beaucoup d’émotions et de fierté.

Dernière question, as-tu un modèle ?
A vrai dire, je n’ai pas qu’un seul modèle, mais plusieurs en qui je puise à certains moments de mon évolution.
Bien sûr, je m’inspire par exemple de Marcus Ehning, Patrice Delaveau et Kevin Staut. Mais en ce moment, j’étudie beaucoup l’équitation de Harrie Smolders car il a une régularité incroyable et une très belle connexion avec ses chevaux.

Un mot ?
Oui, je souhaiterais remercier mes parents pour leur soutien sans faille ainsi que mes sponsors GPA, Animo, Devoucoux, Velair, Free Jump, Royal Oats, Zandona Equestrian et Rekor EPC.
Sans oublier, mes propriétaires à qui je dois tant : ShowJump, Sophie & Bruno Coutureau ainsi que Brianne Goutal !

Propos recueillis le 22/08/17 par Marine Piquet pour Info Jumping