La montée en puissance du Top Sires de Chazey

Le Top Sires de Chazey-sur-Ain, deuxième étape du tour de France des étalons, s’est tenu dimanche 6 mars. Forte de sa treizième édition, l’organisation a concocté une belle journée de présentation pour tous les éleveurs. Un peu plus de 40 étalons étaient au rendez-vous, dans un lieu qui gagne à être connu. Pour arriver au prestige de Saint-Lô, il va falloir redoubler d’efforts, mais la route ne semble plus tellement longue.

Découpée en deux temps, la présentation des étalons offre un aperçu complet aux visiteurs. Si ces derniers n’étaient pas très nombreux pour la présentation en main le matin, ils ont envahi les tribunes et abords de la piste l’après-midi pour la présentation montée. « Globalement ça s’est bien passé, on a eu la fréquentation qu’on attendait malgré le mauvais temps. Cela n’a pas empêché  la présence du public, et nous avons eu des retours positif d’éleveurs et d’étalonniers », précise Juliette Révillion du Conseil de la Filière Cheval Rhône-Alpes, organisatrice de l’évènement.

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« Il y avait beaucoup moins de monde que l’année dernière. Apparemment c’est dû à l’organisation d’un concours à Bourg pour les amateurs et à Chalamont pour les jeunes chevaux. Cela a diminué le public ici, on a senti qu’on avait les intéressés de l’élevage, mais peu d’amateurs qui auraient été susceptibles de déclencher une réservation de saillie », affirme Sebastien Neyrat, en charge de l’European Stallions Resort de Béligneux. Beaucoup d’absents donc mais une journée rythmée tout de même. Tous les étalons n’ont pas été montés, mais tous sont repassés dans la deuxième partie de la journée. « Dans l’ensemble nos étalons se sont tous bien comportés, ce sont des chevaux complètement différents. Triomphe a un certain âge mais il a deux ans dans sa tête. C’est pour ça que nous l’avons présenté monté. C’est important de voir comment il bouge sous une selle. Ce sont des chevaux vraiment sympathiques à montrer », commente Marine Barlet.

La propriétaire du Haras Numénor souligne également la bonne organisation de la journée : « Je n’ai pas eu l’impression que c’était comme les autres années, c’était mieux, il y avait plus de monde et malgré le temps, l’organisation est top. J’ai six chevaux à présenter j’en avais un tout les deux lots ce matin c’est bien. On ne peut pas se permettre de faire ça à Saint-Lô par exemple. C’est une autre organisation, mais Chazey c’était autre chose cette année, j’ai bien aimé. En plus, nous étions par trois ou quatre le matin, sept c’était trop dangereux. Les gens prennent plus le temps de regarder les étalons ».

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Une nouvelle organisation qui semble plaire à l’ensemble des éleveurs présents. Sebastien Neyrat souligne également ce constat : « le point positif c’est que l’organisation était vraiment impeccable. On a senti un regain de dynamisme et de professionnalisme dans l’organisation. Je pense qu’on doit ça à l’équipe du parc du cheval, à Juliette de l’IFCE et à Pascal Brun qui ont fait un travail remarquable au niveau de la dynamique, de l’entrainement des chevaux et de la sécurité. Là on peut leur tirer un grand coup de chapeau. C’est un événement au niveau de l’organisation qui mériterait d’avoir beaucoup plus de reconnaissance et qui malheureusement, a du mal a se pérenniser au niveau des spectateurs et du plateau  ».

Cependant, d’après les dires de certains éleveurs, le plateau semble moins garnis que celui des éditions précédentes et ce malgré la présence de monuments du jumping international. Un problème qui pourrait s’expliquer par la situation géographique du lieu d’après Sébastien Neyrat : « on est dans une zone excentrée, où il y a des étalonniers dominants. Ce n’est jamais propice à ce que d’autres étalonniers emmènent d’autres cartouches. Déplacer une grosse cartouche c’est délicat, on ne déplace son cheval que lorsqu’il y a un véritable intérêt. Je pense qu’il y a des étalonniers normands qui ont abandonné l’idée de venir à Chazey car cela n’avait pas grand intérêt économique ».

Pour l’année prochaine, il serait pourrait que la formule proposée change afin d’attirer encore plus de monde. « Nous envisageons l’évènement sur deux jours, cela doit être réfléchi, rien n’est encore fait mais il faut y penser maintenant pour l’année prochaine. La formule qu’on propose depuis plusieurs années est toujours la même. Alors il faut penser de nouvelles choses comme à Saint-Lô avec le grand match des étalons par exemple, ou peut-être associer le Top Sires à un autre événement. Il y aura également peut-être une présentation des étalons qui ne sont pas forcément de sport, des chevaux de traits et de loisirs par exemple », explique Juliette Révillion. Cet évènement reste « incontournable », car il permet de regrouper dès le début d’année un large panel des étalons proposés pour la saison. « C’est le moment où les éleveurs font leur choix. C’est impossible de se décider à partir d’un catalogue, les éleveurs peuvent rencontrer les étalons, aux box ou sur la carrière. C’est une bonne vue d’ensemble qui permet de faire un choix ».

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La bonne santé de l’élevage en Rhône-Alpes

« L’élevage en Rhône-Alpes va encore se développer », affirme Sébastien Neyrat. Une phrase qui laisse espérer des perspectives d’avenir encore meilleures pour la région. D’après le gérant de l’European Stallions Ressort, la situation géographique de la région fait apparaître une nouvelle forme d’élevage, celui des biactifs. « C’est-à-dire par des personnes qui ont un travail et qui ont un petit élevage, souvent hors-sol. Ils vont mettre les chevaux en pensions chez des éleveurs de la région ». Tout récemment, un nouveau centre regroupant des étalons a ouvert dans l’Ain : le Haras de Numénor. « L’objectif est d’avoir l’agrément européen, pour pouvoir les distribuer un peu de partout », explique Marine Barlet. Le Haras KRF s’est lancé dans l’aventure des présentations à Chazey. « Nous faisons beaucoup d’élevage, nous avons trois étalons reproducteurs mais on va aussi proposer un centre d’insémination », déclare Claire Fontanel.

Le mot de la fin revient cette fois à Sebastien Neyrat, qui conclue de manière élégante : « on a tout à disposition en Rhône-Alpes pour que l’élevage se porte bien, les dés sont jetés. Maintenant c’est aux éleveurs, le premier maillon de la chaîne de faire de beaux produits ».

Auriane Guiot