Derniers tours de piste pour Thierry Rozier

Thierry Rozier rangera ses bottes au placard à la fin du mois. Le cavalier de cinquante-six ans met un terme à sa carrière à haut-niveau en même temps que celle de sa jument de coeur, Venezia d’Ecaussinnes.

Alors que la vente de Star a été annoncée lundi 3 octobre, faisant réagir la communauté du cavalier, c’est dans la même journée que ce dernier à pris la parole en direct sur ses réseaux sociaux. Très proche de ses quarante-cinq mille abonnés sur instagram, c’est le coeur lourd et les yeux remplis de larmes qu’il s’est exprimé sur ce choix de mettre fin à sa carrière internationale, sans nul doute très difficile. « J’ai perdu la motivation ces derniers temps », a-t-il confié. En effet, c’est seulement en 2016 que le français s’était remis en selle avec pour objectif les jeux de Tokyo 2020. Seulement voilà, la pandémie à laquelle nous avons tous dû faire face en a décidé autrement. Concours annulés, programme chamboulé, échéances déplacées, les Jeux Olympiques n’ont pas dérogé à la lourde décision du report. Sa jument de tête Venezia d’Ecaussinnes prenant elle aussi de l’âge, Thierry décide d’en rester là.

Thierry Rozier et Venezia d’Ecaussinnes au Longines Masters de Lausanne. Info Jumping – © Chloé Neeser

“J’ai dit à ma propriétaire Electra Niarchos que je voulais arrêter Venezia. Elle concourra pour la dernière fois les deux prochains week-ends à Saint-Tropez. J’adore ma jument, elle m’a tout donné et a réalisé des choses incroyables. Je voulais qu’elle parte en beauté. Elle va très bien physiquement, mais je veux désormais qu’elle fasse des transferts d’embryons. Elle devrait courir deux épreuves dans le CSI 2* cette semaine pour se remettre en jambes, et deux épreuves la semaine suivante dans le CSI 4*. J’aimerais qu’elle finisse sa carrière sur une bonne note. Je suis très proche de mes chevaux, et avec tout ce qu’elle m’a donné, la moindre des choses est que je lui rende. (…) Tout ce qu’elle m’a donné est incroyable. Nous n’étions pas grand-chose au départ, et quatre ans après, mon ambition était d’aller aux JO de Tokyo avec Venezia. À quinze ans, elle avait encore l’âge d’y aller, mais si cela a bien lieu l’an prochain, elle en aura seize et je ne veux prendre aucun risque. »

Concernant la vente de Star, Thierry s’est aussi exprimé : Elle a un palmarès incroyable et je pense même qu’elle a été l’une des meilleures juments en Europe dans sa catégorie, jusqu’à 1,55m. Je crois qu’il n’y a pas un concours duquel je suis rentré sans flot avec Venezia ou Star. Cette dernière n’a que onze ans, repartir seulement avec elle et sans Venezia ne me motivait pas. J’avais promis à Jan Tops qu’il serait le premier au courant si Star serait à vendre. Vingt-quatre heures après l’avoir prévenu, ils sont venus l’essayer. L’essai s’est extrêmement bien passé, et depuis que Star est partie il y a six jours, Jan m’appelle tous les jours pour savoir quel mors choisir, quelle vitamine lui donner etc.

Thierry Rozier et Star au Longines Masters de Lausanne. Info Jumping – © Chloé Neeser

L’hongre gris de dix ans, Wouest de Cantraie Z, propriété de Guillaume Canet, a lui aussi été mis en vente. « J’ai appelé Guillaume et lui ai expliqué la situation. Il était vraiment attristé, comme beaucoup de gens de mon entourage. Son cheval est à vendre, et si je ne trouve pas de client pour lui, nous le confierons à un cavalier qui lui correspondra”.

« C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que j’annonce cela et je voudrais remercier en premier lieu Electra et sa famille. C’est une propriétaire incroyable, qui m’a donné carte blanche pour faire tout ce que je voulais avec ses chevaux. […] Je voulais remercier aussi ma groom qui a été formidable pendant huit ans. Elle m’a toujours compris, même si je n’ai pas toujours bon caractère ! Ce qui va me manquer, c’est le haut niveau, les grands cavaliers français ou étrangers. J’arrête également pour des raisons personnelles car ma réussite n’a pas toujours été appréciée. J’entends beaucoup de choses autour de moi, notamment que mes écuries étaient vendues… Quelqu’un a été intéressé, mais rien n’est fait. Je cherche quelque chose pour m’installer autour de Paris, car mes clients sont principalement basés ici. Ce n’est pas facile à trouver, j’ai visité pas mal d’écuries mais rien ne me botte. Je vais en tout cas continuer à monter en concours, mais pas à haut niveau. Je vais aussi donner des cours, des stages et faire du commerce. Aussi longtemps que je resterai à Bois-le-Roi, je continuerai également de travailler pour les ventes Fences” a finalement conclu le cavalier.